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CINESCOPE

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La Critique: SPIDER-MAN HOMECOMING de Jon Watts. Vite consommé et puis jeté, et même oublié...

Publié le 19 Janvier 2018 par Cédric Pannier in CRITIQUES DE FILM, SUPER-HEROS

SPIDER-MAN HOMECOMING de Jon Watts, sortie France le 12 Juillet 2017.

SPIDER-MAN HOMECOMING de Jon Watts, sortie France le 12 Juillet 2017.

Avant-propos:

Allez en gros 7 mois, c'est le temps qu'il m'aura fallu pour digérer ce film. Déjà ne serait-ce que pour déterminer s'il valait la peine de lui consacrer une critique, ça m'a pris un petit moment. Et je me suis dit, oui il faut le faire, ne serait-ce que pour éviter à certains la même déception, et surtout aux fans des comics SPIDERMAN et du film éponyme réalisé par Sam Raimi en 2002, qui reste la référence incontestée.
Allez, je prends mon courage à deux mains, et je me lance.

Nous sommes en Janvier 2018, et donc le constat sur la vie du film en salles est le suivant, un peu plus de 2 100 000 entrées en France, donc un film qui a fait un score correct pour la France, mais moyen pour un Marvel.

Très mauvais.

Très mauvais.

SYNOPSIS:

"Après ses spectaculaires débuts dans CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR, le jeune Peter Parker (Tom Holland) découvre peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May (Marisa Tomei), sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark (Robert Downey Jr.). Peter ne peut se résoudre à reprendre sa vie d’avant, il rêve de se prouver qu’il est autre chose que le sympathique et discret jeune homme que tout le monde apprécie dans le quartier… Mais quand le Vautour (Michael Keaton) fait son apparition, tout ce qui compte pour Peter est soudain menacé…"

Extraits de critiques parues en presse, dont je partage l'avis:

CinemaTeaser par Aurélien Allin
"Ce reboot de "Spider-Man", inféodé au Marvel Cinematic Universe, aligne les gags mais pas les enjeux dramatiques. Restent d’excellents jeunes acteurs."
Le Dauphiné Libéré par Jean Serroy
"Nouveau développement des aventures héroïco-marveleuses du tisseur de toile : ça tourne au blockbuster de série, vite consommé, vite digéré."
Mad Movies par Alexandre Poncet (auteur de l'excellent documentaire "le complexe de Frankenstein").
"Proposer une lecture originale du comics, pourquoi pas, encore faudrait-il que le ton ne contredise pas la nature profonde du personnage."
La Critique: SPIDER-MAN HOMECOMING de Jon Watts. Vite consommé et puis jeté, et même oublié...

SPIDER-MAN!!! Ce nom pourrait à lui seul résumer ce que MARVEL, ou même ce que les Comics, représentent pour des générations de lecteurs, de fans ou même pour ce qui nous intéresse, de cinéphiles.

Donc, comme beaucoup quand j'entends qu'un film avec SPIDER-MAN va sortir, bien évidemment, cela suscite un certain intérêt.

Comme beaucoup, quand on vous dit un film avec SPIDER-MAN, vous vous attendez à certaines choses, comme de retrouver dans ce film les éléments indissociables de l'oeuvre d'origine. Alors on est d'accord, refaire un film sur les origines de SPIDER-MAN n'était pas opportun. Les précédentes adaptations cinématographiques de Sam Raimi, et celles de Marc Webb, l'avaient très bien fait. Une nouvelle version de SPIDER-MAN pouvait aisément s'en passer tout en restant fidèle à l'oeuvre d'origine. Et c'est là le premier gros problème du film!

LES ORIGINES ET LES RESSORTS PSYCHOLOGIQUES: ON S'EN BALANCE!!

L'intention de Jon Watts (réalisateur), de Disney, de Marvel et Sony, était au départ de s'intéresser à l'adolescence de Peter Parker, de le voir au lycée: Ok, pourquoi pas! Le résultat est catastrophique. Non content de rajeunir Peter Parker, HOMECOMING fait table rase d'éléments essentiels dans l'histoire même du personnage de Spider-Man:

Exit, le décès de l'oncle, enjeu primordial pour Spider-Man, qui est à l'origine de toute la motivation et du ressort psychologique du personnage, puisque en partie responsable de la mort de son oncle. Cet élément est l'élément fondamental dans l'histoire de la naissance de Spider-Man. On se souvient tous de la punchline qui marquera plus d'un esprit:

SPIDER-MAN (2002) / Cliff Robertson alias Oncle Ben (Cliff Roberston Oscar Meilleur Acteur pour CHARLY (1969) de Ralph Nelson).

"PETER, UN GRAND POUVOIR IMPLIQUE DE GRANDES RESPONSABILITES!!"

Ah, quel homme cet oncle Ben!!! A l'agonie, il te sort cette phrase qui te marque à coup sûr pour toute ta vie!!! eh bah non!!! EXIT L'ONCLE et son sens de la morale et de la responsabilité:

Bah oui, la force de Spider-Man et son universalité, en Comics ou en Films (surtout ceux de Sam Raimi), c'est avant tout une allégorie du passage à la vie d'adulte, de l'apprentissage de la vie et de ses responsabilités. Cette Idée, visiblement pas indispensable pour Disney-Marvel-Sony, que tout acte a des conséquences...

AVANT LES ACTES, LES CHOIX AUSSI ONT DES CONSEQUENCES!!

Avec HOMECOMING, les choix faits nous amènent à une énorme coquille vide!! Un peu comme si "LE RADEAU DE LA MEDUSE", le tableau de Théodore Géricault peint entre 1818 et 1819: bah, c'était juste des mecs en train de mourir de faim et de soif sur un radeau.. Oui, certes mais c'est un peu plus que ça, en outre ça parle quand même du plus grand scandale de la Marine Française. (histoire très intéressante vers laquelle je vous renvoie, mais là c'est autre chose). Cet exemple du RADEAU DE LA MEDUSE, c'est pour vous montrer l'importance de la connaissance du contexte et des motivations.

Dans HOMECOMING, on se retrouve avec un personnage adolescent, dont visiblement la seule motivation est d'être connu au-delà de son quartier, et le moyen pour cela est d'intégrer l'équipe des Avengers. Le but de Jon Watts et Disney-Marvel-Sony, était de montrer un Peter Parker de 2017, un jeune en plein dans son époque.

Ok, si je résume et je vais être clair:  C'est loin d'être flatteur pour les jeunes de cette époque!!  Je ne vois pas ce que le réalisateur nous montre des jeunes d'aujourd'hui à part une superficialité exacerbée. A priori, Le jeune d'aujourd'hui n'a plus de sens des responsabilités, ni de morale. Sa seule motivation est de faire n'importe quoi pour acquérir une certaine popularité. (Ca doit être pour cette raison qu'ils ont voulu ramener Peter Parker au Lycée!!??) "Ah!! C'est toi le mec de Youtube!!??"

Enfin bref, pour faire simple, les motivations du personnage, on s'en fout littéralement tellement elles sont sans intérêts!! Et comme exit l'oncle de Peter Parker, Spider-Man n'a même plus la motivation de combattre le crime pour faire payer les malfaisants, et ainsi se déculpabiliser de la mort de son oncle. Ce qui est quand même, vous avouerez, un ressort psychologique un peu plus consistant que: "Combien de LIKE vais-je avoir sur Youtube et Facebook, et pouvoir me faire remarquer de Tony Stark, pour enfin faire partie des Avengers??"

Je plaisante, mais l'enjeu du film est aussi "con" que ça!!

(C'est dire à quel point on s'ennuie pendant le film, et encore je reste poli!! Non, parce que ça me brûle les lèvres de dire autre chose, si, si je vous assure).

Et si seulement, la catastrophe s'arrêtait là... mais non! Quitte à massacrer un personnage de référence, autant y aller à fond!!

DISNEY-MARVEL-SONY et le "Mainstream" passèrent par là!!!

En véritable massacre du personnage de Spider-Man, qui devient un avorton en mal de popularité: Le film révèle une énorme coquille vide, sans enjeu. Spider-Man ne se crée plus tout seul. Peter Parker ne crée plus lui-même son costume et ses accessoires, mais devient un Homme-Sandwich, testeur de gadget en tout genre pour La Stark Industry. 

On ajoutera: Exit la piqûre de l'araignée, du coup plus d'explications sur les capacités hors norme de Peter Parker.

Avec un studio comme DISNEY, il faut être "MAINSTREAM" (selon le terme à la mode), en clair: Plaire au plus grand nombre. Et donc: Exit la petite amie rousse de Peter "Mary Jane", remplacée par une amoureuse black (Zendaya) et un ami hispanique (Jacob Batalon). De jeunes acteurs qui sont tous les deux bien meilleurs, dans leurs rôles respectifs, que ne l'ait Tom Holland dans celui de Peter Parker/Spider-Man.  Jon Watts souhaitait que son film représente les lycées d'aujourd'hui:

Question: Etait-on obligé pour cela de supprimer encore à nouveau, un personnage iconique des comics Spider-Man?? N'y a-t'il plus de petite amie rousse dans les lycées d'aujourd'hui?

Le film part d'une oeuvre originale, mais n'en tient pas compte. On supprime directement les personnages, ça va plus vite que d'apporter des modifications..

Ah, oui, non! Ce n'est pas tout à fait vrai!! Tante May a connu de sacrées modifications:

Tante May jouée par Marisa Tomei.

Choisir Marisa Tomeï (que j'aime beaucoup au passage), pour le rôle de Tante May doit être une histoire de génération? Exit l'image de la figure maternelle, emprunte d'amour et de respect, si bien interprétée par Sally Field dans les SPIDERMAN précédents.

Marisa Tomeï visiblement correspond plus à la Tante May génération M.I.L.F. (Mother I Like To Fuck: pour les non-initiés, je vous laisse traduire), qui est visiblement plus en phase avec la génération youtube et consors. Bref, on est bien loin de l'image véhiculée par les comics.

En même temps, vu que le réalisateur a pris un acteur à peine sorti des biberons pour Peter Parker, il était normal que sa tante connaisse également un sacré lifting.

L'écart entre le comics et le film de Jon Watts est-il clair, là?

Ma théorie est qu'avec sa tante may, le réalisateur a voulu se faire un plaisir personnel, non?

La Tante May interprétée par Rosemary Harris en 2002, est la tante May la plus proche du comics. Notre tante préférée reste tout de même Sally Field, excellente dans ce rôle.

3 versions de Tante May: Rosemary Harris (2002), Sally Field (2012), et Marisa Tomeï (2017)

Pour faire simple, le film donne l'impression d'être branché sur Disney Channel avec un SPIDERMAN version HIGH SCHOOL MUSICAL!

Il n'aurait plus manqué que SPIDERMAN se mette à faire une chorégraphie en interprétant le dernier tube de Justin Bieber.

Bref, SPIDERMAN est victime du MAINSTREAM Disney!!

Pour conclure:

Voyons le positif en toute chose, et trouvons un point positif à ce film, ce sera la prestation de Michael Keaton en personnage du Vautour. Totalement sous-exploité ici, si vous voulez voir Michael Keaton, en personnage de volatile géant, ne perdez pas votre temps, ni votre argent: regardez directement BIRDMAN d'Alejandro Gonzalez Inaritu, qui a reçu 4 Oscar dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleure photographie, sur un total de 8 nominations aux Oscar 2015.

 

La Critique: SPIDER-MAN HOMECOMING de Jon Watts. Vite consommé et puis jeté, et même oublié...
La Critique: SPIDER-MAN HOMECOMING de Jon Watts. Vite consommé et puis jeté, et même oublié...
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